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Sarkozy, un président chahuté dans les manifestations

Blog Info non vérifiée Info vérifiée Paris, France - 02 mars 2012

Avant Nicolas Sarkozy, jamais un Président n’avait fait l’objet de critiques si vives et souvent injurieuses.

Deux fois plus de manifestations. Le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy a été marqué par une flambée du nombre des mouvements sociaux. Paris a ainsi connu 3000 manifestations en 2009 contre 1500 en 2006, selon des chiffres rapportés par le site d’information Owni.
 


 

Les mobilisations ne sont pas seulement plus nombreuses, elles sont aussi plus virulentes. L’incident survenu ce 1er mars 2012 à Bayonne l’a encore prouvé : les slogans qui visent le chef de l’Etat sont bien plus violents que ceux qui s’adressaient à ses prédécesseurs.

“Mitterrand, fous le camp”

Comme tous les chefs d’Etat, François Mitterrand avait été contesté, rassemblant même entre 850 000 et 1,5 million de manifestants contre lui à propos du projet de loi Savary sur l’école laïque en 1984. Mais les slogans se focalisaient plus sur la demande d’une “école libre” que sur le président. Seuls quelques manifestants osaient un irrespectueux “Mitterrand, fous le camp” ou quelques allusions à son passé à Vichy.
 



Un peu plus vulgaire, le slogan à succès de 1986 se dissimulait sous un jeu de mots : “Devaquet, si tu savais, ta réforme, ta réforme ! Devaquet, si tu savais, ta réforme où on s'la met… Au cul… au cul… aucune hésitation !”

Empêtré dans les affaires, Chirac a pourtant généralement échappé aux injures dans les cortèges, même si certains manifestants lui promettaient la prison, relayant une chanson des Wampas.

Si Nicolas Sarkozy voulait incarner une rupture, elle s’est clairement vue dans les manifestations. Peu importe la revendication précise, le chef de l’Etat est souvent visé dans les cortèges, bien plus que le ministre chargé du dossier.

“Sarko, regarde ta Rolex, c’est l’heure de la révolte”
Le dîner de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s pour célébrer sa victoire de 2007 n’a pas été digéré par les manifestants, pas plus que le séjour qui a suivi sur le yacht de Vincent Bolloré. Dans les slogans, le président est renvoyé à l’image bling-bling de son début de mandat.

“Casse-toi pov’ con !”
Mais c’est sans doute son altercation au Salon de l’Agriculture, en 2008, qui a ouvert les vannes. Offensé par un visiteur qui refusait de lui serrer la main (“Touche moi pas, tu me salis”), le président de la République rétorque “Casse-toi alors pauvre con”.
 



Pourtant, quelques mois plus tôt, il avait une réaction outrée à une injure proférée par un pêcheur du Guilvinec : “Si tu crois que c’est en insultant que tu vas régler le problème des pêcheurs…”

“Dégage !”
C’est aussi la période qui veut ça. Alors que le monde arabe s’est découvert un slogan commun pour pousser ses dirigeants autocrates au départ, le “Dégage” traverse la Méditerranée et on le retrouve adressé régulièrement à Nicolas Sarkozy.

Sarkophage et talonnettes
Ensuite, il y a l’irrespect plus narquois qu’injurieux. “Sarko se moque de nous, alors nous aussi !”, nous expliquait un manifestant participant au "No Sarkozy Day" en mars 2010.

Mais si Mitterrand et Chirac avaient, en leur temps, reculé devant la pression de la rue, Nicolas Sarkozy a quant à lui gardé son cap. La preuve de sa solidité pour ses partisans. La marque de son obstination pour ses opposants. Avec en plus cette saillie qui n’a pas beaucoup plus aux manifestants : “Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit !”
 



Nicolas Sarkozy a-t-il
désacralisé la fonction présidentielle, comme l’affirme le politologue Stéphane Rozès ? Les manifestants reviendront-ils à plus de respect avec son successeur ? Réponse dans quelques mois, ou dans cinq ans.

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