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Manifestation des prostituées à Pigalle à l'initiative du STRASS

Politique Info non vérifiée Info vérifiée Paris, France - 07 juillet 2012

La Ministre aux Droits des Femmes Mme Najat Vallaud-Belkacem a annoncé le 23 juin 2012, vouloir "se donner les moyens de faire disparaître la prostitution" par un "chantier de long terme" qui se ferait en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et son ministre Manuel Valls.

A la suite de cette déclaration, le Syndicat des Travailleu-ses-rs du Sexe (STRASS) a organisé une manifestation Place Pigalle, à Paris, samedi 7 juillet 2012, qui a réuni plusieurs prostitué(e)s opposé(e)s au projet de loi jugé dangereux, anti-féministe et anti-social. Ils se sont notamment opposés à une éventuelle pénalisation des clients.

 

Le communiqué et appel à manifester du STRASS :

"Vouloir la disparition de la prostitution, c'est vouloir la disparition des putes. Nous ne nous laisserons pas faire. La ministre des droits des femmes a annoncé vouloir voir disparaître la prostitution et préconise pour ce faire la pénalisation des clients des travailleurSEs du sexe.

Sous couvert d'abolitionnisme bien-pensant et de féminisme autoritaire, elle fait mine d'oublier l'opposition farouche à cette mesure des premierEs concernéEs, de toutes les associations de santé communautaire, de prévention et des acteurs de la lutte contre le VIH/SIDA. Depuis des mois, celles et ceux-ci n'ont eu de cesse de fustiger cette volonté de criminaliser encore un peu plus le travail sexuel.

On nous avait promis l'abrogation de l'infraction de racolage public, mais avant même de s'engager sur cette voie, on nous garantit toujours plus de répression à l'encontre des putes.

Non, le travail sexuel n'est pas attentatoire à la dignité des femmes. Dénier à des femmes la possibilité de consentir à cette activité sous des motifs fallacieux (précarité, vulnérablité, syndrome de Stockholm, etc.) est ni plus ni moins sexiste.

Non, le travail sexuel n'est pas synonyme de traite et d'exploitation. Si nous y sommes aujourd'hui particulièrement exposéEs, ce n'est pas en raison de notre activité mais de la répression et de la stigmatisation que nous subissons et des obstacles que nous rencontrons pour faire valoir nos droits. Vouloir voir disparaître la prostitution plutôt que de concentrer la lutte contre la traite et l'exploitation des êtres humains est le fruit d'une politique de communication hypocrite, méprisante, dangereuse et contre-productive. Pénaliser les clients fera le jeu des mafias en invisibilisant encore plus les travailleurSEs du sexe avec toutes les conséquences pour leur santé et leur sécurité que cela implique.

Cela a été dit et rappelé par les travailleurSEs du sexe, par leurs alliéEs, par des institutions publiques (CNCDH, CNS). Mais cela ne sera pas entendu dans le cadre de la conférence de consensus annoncée, puisque les conclusions sont déjà adoptées.

Combien de temps encore nous faudra-t-il nous époumoner sans pour autant être entenduEs ? Combien de temps encore les putes seront-elles sacrifiées sur l'autel de principes élaborés par des personnes enfermées dans leur tour d'ivoire ?

Nous exigeons :

  • l'abrogation immédiate du délit de racolage public
  • la fin immédiate de la criminalisation et de la répression du travail sexuel
  • l'application du droit commun aux travailleurSEs du sexe
  • une lutte efficace contre le travail forcé, la servitude, l'esclavage et la traite à ces fins
  • la démission de la ministre des droits des femmes
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