Photos : Arrivée d'immigrants clandestins tunisiens sur l'ile de Lampedusa, entre le 9 et le 15 mars 2011
Notre contributeur Sylvain_Liechti raconte :
"C'est la forte présence policière qui m'a le plus marqué. Des policiers, des carabiniers et des douaniers quadrillent chaque jour la petite île italienne de Lampedusa.
Les jeunes Tunisiens qui arrivent pensent que c'est le début d'un nouvel et grand avenir qui commence pour eux.
Eux sourient et sont contents mais ne savent pas trop ce qui les attend.
C'est très triste car c'est en fait le début d'un cauchemar pour eux. On les emmène dans des bus, et on les place dans des centres de rétention. Ceux-ci survivent dans des conditions indignes car les structures d'accueil sont saturées.
J'ai pu visiter un centre de rétention pendant environ un quart d'heure. En revanche, je n'ai pas pu aller à l'intérieur des chambres, celles-ci étant très surveillées.
Les clandestins sont pris en charge, on leur pose des questions pour déterminer leur statut : réfugié, immigrant économique… La plupart d'entre eux seront malheureusement reconduis en Tunisie.
Beaucoup sont arrivés sur des bateaux qui étaient en train de couler. Sur quelques photos, on peut voir les forces italiennes appelées "guardia di finanza" et des garde-côtes qui ont repéré des clandestins (en couverture de survie) dont le bateau était en train de couler après une panne de moteur.
On leur donne des cartes avec un numéro, pour les distinguer et noter le nombre de repas qu'on leur donne par exemple.
La plupart des clandestins ont jeté leur papiers et passeports avant d'arriver à Lampedusa, c'est ce qu'on leur conseille de faire avant de partir. J'ai vu beaucoup d'hommes et de jeunes, mais presque aucune femme.
Il y a beaucoup de gens qui viennent de Tunis même. C'est un phénomène assez nouveau. J'ai discuté avec beaucoup de jeunes diplômés.
Pour certains, aller en Europe, c'est être considéré comme un homme. Mais ça coûte aussi cher de prendre le bateau que d'obtenir un visa".
Une évacuation massive vers d'autres centres de rétention italiens est attendue d'ici demain mercredi 30 mars 2011.
Source :
euronews