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Japon : De la profusion à la pénurie

La Couv' Info non vérifiée Info vérifiée Tokyo, Japon - 14 mars 2011
Le Japon, encore récemment pays de la surabondance, voire de l'orgie de biens, a bien changé en quelques jours.

La destruction plus ou moins avancée des réacteurs de la préfecture de Fukushima et de ceux de Tokai dans la préfecture d'Ibaraki n'aura pas tardé à rajouter du malheur au malheur d'un Japon déjà fort meurtri par près de 240 répliques au grand séisme du 11 mars 2011 en seulement quatre petits jours, et par un raz-de-marée aux proportions bibliques qui a ravagé les côtes de la préfecture de Tochigi.

En effet, la baisse de production électrique consécutive à l'inactivité de ces centrales nucléaires est d'importance et depuis deux jours déjà on parle de rationnement de l'électricité.

Ce rationnement ne pouvant se pratiquer comme on le fait avec des biens physiques, a été décidé de le mettre en oeuvre au moyen de coupures ciblées et tournantes.

Les grandes entreprises grosses consommatrices d'électricité sont par ailleurs enjointes de réduire leurs activités - ou mieux, à les suspendre carrément pour quelques jours - ce qu'ont accepté de faire les principaux constructeurs automobile du pays, mais aussi un certain nombre d'entreprises impliquées dans l'électronique, ce qui soit dit en passant, entraînera peut-être au niveau mondial une hausse du prix des mémoires flash (cf: http://news.cnet.com/8301-13924_3-20042212-64.html ) à moins que les autres producteurs asiatiques n'en profitent pour élargir leurs parts de marché...

Ces coupures de courant se traduisent également par de sérieux rognages dans le domaine des transports, et une réduction des heures d'ouverture des grands magasins (cf. photos) et de moins grands, les plus "populo" préférant parfois désactiver les néons de leurs bacs réfrigérés, ce qui n'est finalement pas trop gênant du moins dans le contexte actuel.

Donc environ 20/25% d'électricité en moins, mais aussi des rayons comme dévalisés comme nous le voyons dans les quelques photos ci-dessus.

Une vue de misère par temps de guerre qui doit rappeler de bien mauvais souvenirs aux plus âgés qui ont, hélas, connu cela dans leur prime jeunesse, et ne manquent pas de plonger dans le désarroi et l'incrédulité les jeunes générations aux joues rebondies, plus habituées à souhaiter une nouvelle console de jeu vidéo qu'une boite de maïs en conserve.

Mais nous en sommes là, et bien là.

Le pain manque absolument, mais aussi le riz, l'eau en bouteille, les boissons sans alcool en général (les boissons alcoolisées, elles, ne manquent pas par un curieux hasard), les surgelés, le tofu, les produits laitiers, les chips...

Il y a beaucoup d'irrationnel dans ces achats de stockage qui peuvent se comprendre, mais risque d'entraîner au final une grave désynchronisation de la demande et de l'offre, qui se traduira à court terme par des pénuries - les producteurs se refusant à produire des biens qui leur restent sur les bras parce-que tout le monde à ce qui lui faut pour deux mois - et à moyen terme des augmentations de prix...

C'est pourquoi les autorités du pays ont commencé à lancer un appel à la raison qui ne sera sûrement pas entendu avant plusieurs jours, c'est à craindre.

Note : le bon point du jour va donc aux magasins qui acceptent de fermer plus tôt (ce qui ne va pas sans poser des problèmes à ceux qui ne peuvent s'approvisionner en journée ou du moins aux heures où il reste encore quelque chose dans les rayons) et aux citoyens qui font leur possible pour réduire leur propre consommation d'électricité, notamment en se passant de leur sacro-saint climatiseur.

Le mauvais point va cependant à CHANEL bien que la célèbre enseigne de luxe française se joigne de bon gré à cette initiative altruiste ("citoyenne" comme on dit maintenant) mais qui a une communication sur la question assez trouble.

En effet, alors que la marque devrait s'enorgueillir de son beau geste et souhaiter que tout le monde en soit informé, un jeune employé nous a fermement interdit de photographier l'annonce toute droit sortie d'une imprimante affichée non pas à l'intérieure du magasin mais sur un petit présentoir installé à l'extérieur de la prestigieuse boutique de Ginza.

Et cela à peine nous étions-nous positionner face à l'avis de réduction des heures d'ouverture, comme s'il en avait reçu mission expresse.

Mais dans quel but empêcher quiconque de photographier un document purement informatif ? Il y a là un vrai mystère qui, de toute façon, contrevient indéniablement aux principes de liberté de l'information, et de libre et paisible disposition d'un endroit public par nature ou destination.
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