Une manifestation était organisée devant la clinique de la Roseraie à Paray-le-Monial le mercredi 31 octobre 2012 pour protester contre sa fermeture annoncée.
Notre contributeur raconte :
"Un véritable imbroglio se joue actuellement à Paray-le-Monial, en Saône-et-Loire, imbroglio entre la politique de la Santé définie lors du précédent gouvernement et sa mise en place actuelle ... Imbroglio entre le service public et le privé, entre un hôpital public et une clinique privée ...
Depuis plus de dix ans se "côtoient" deux établissements flambants neufs l'un à coté de l'autre, depuis plus de dix ans deux pôles de santé, deux pôles de chirurgie dont l'ARS, l'Agence Régionale de Santé, prévenait sur la nécessité, calculée sur le nombre d'habitants géographique, ici le charollais, de n'avoir à l'avenir, qu'un bloc de chirurgie ou des spécialités complémentaires bien définies. La nécessité de s'entendre, entre privé et public, devait, ainsi, faire la pérennité des deux unités d'accueil.
Si des services se sont organisés pour cela, entre autre l'IRM, la chirurgie a toujours été prétexte à désaccords, chacun se renvoyant, en quelque sorte, la balle dans un véritable combat de mise à "mort sur ordonnance" ...
L'ARS aura "tranché" cette semaine en annonçant le maintien d'une seule chirurgie sur la ville, celle de l'hôpital, qui possède la maternité et les urgences, services publics ... Choix bien-sûr controversé car, de fait, entraînant la fermeture pure et simple de la clinique avec son lot de licenciement de personnels ... Si les médecins et chirurgiens n'ont pas trop de soucis à se faire pour un reclassement, il n'en va pas de même pour les infirmier(e)s, le personnel technique et administratif ... Que dire alors des malades ?
Aujourd'hui ce sont les personnels de la clinique privée dans leur entier qui se sont retrouvés sur la RCEA, axe Est-Ouest très fréquenté, pour une action "coup de poing" avec blocage des circulations afin d'alerter l'opinion publique et recueillir des signatures pour une pétition afin d'empêcher la fermeture de l'établissement ...
En même temps la question était soulevée à l'Assemblée Nationale et il semblerait, ce soir, qu'un sursis de deux mois pourrait être accordé à la clinique avec obligation de dialogues et ententes constructifs entre l'hôpital et celle-ci pour représenter une demande de chirurgie à l'ARS, seule instance compétente ...
Problème local qui prend une dimension nationale sur une politique de la santé définie il y a plus de dix ans et dont le nouveau et actuel gouvernement se doit de prendre à bras le corps ... Un héritage chargé d'épines où il en va de la santé pour tous !
La Ministre actuelle des affaires sociales et de la santé, Mariesol Touraine, a entre les mains un dossier bien compliqué et quelque peu explosif avec lequel la nouvelle députée de la circonscription, Edith Gueugneau, se retrouve en première ligne qui a déclaré dans un communiqué : "Comme je le rappelais ce mercredi matin, je me suis engagée depuis plusieurs mois pour le maintien du plateau chirurgical de l’hôpital public de Paray-le-Monial, qui garantit pour ce territoire le maintien de la maternité et du service d’urgence, au sein d’un établissement représentant 650 emplois, représentant l’égal accès de tous aux soins, représentant l’avenir de toute une population.
Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, a bien confirmé cet après-midi la légitimité du maintien de l’autorisation de plateau technique au centre hospitalier de Paray-le-Monial. Elle a également annoncé qu’elle était disposée à étudier une proposition de coopération entre les deux établissements, leur laissant jusqu’au 1er janvier pour déposer conjointement une demande d’autorisation.
Devant l’absence d’anticipation de la clinique quant au non-renouvellement de l’autorisation de chirurgie, les salariés de la clinique se sont retrouvés au pied du mur. Face à cette situation, le délai de deux mois obtenu auprès du ministère doit permettre de travailler à l’avenir des emplois. Il peut également constituer une opportunité d’inscrire la coopération dans une démarche constructive et positive pour l’avenir sanitaire du territoire, pour les personnels de la clinique et de l’hôpital public, et ce dans l’intérêt du patient.
Je reste attentive à l’évolution du dossier et évidemment disponible pour les personnels des deux établissements. Dans ce dossier, et dans la recherche d’une solution qui permette de faire face à la brutalité de l’annonce pour les salariés de la clinique, je tiens à saluer le soutien apporté par Marisol Touraine et Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement productif."
Un "sursis" a été décidé à la suite d'une réunion tripartite entre la clinique, l'ARS et l'hôpital jusqu'au 1 janvier 2013 sous condition d'accord de fonctionnement entre l'hôpital et la clinique est confirmé.