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Japon : Les sous-doués passent leur concours d'entrée à l'université

Tokyo, Japon ♦ 07 mars 2011
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Une statue. Deux statues. Trois. Quatre...

Et toujours ce même petit bonhomme qui porte des fagots de bois mort tout en parcourant un livre avec la plus grande attention.

C'est la figure semi-imaginaire de Ninomiya Sontoku, le petit élève modèle qui montre depuis plus d'un siècle aux enfants du Japon que même dans les circonstances les plus difficiles, il est toujours possible d'étudier pour s'élever au-dessus de sa condition sociale de naissance.

Hélas, que dirait le petit Ninomiya, en découvrant le scandale qui déchire le Japon ces jours-ci, alors que l'on ne parle plus que de cela dans les quotidiens de l'archipel.

On a triché à un sacro-saint examen d'entrée de prestigieuses institutions telles que l'Université de Kyoto, celle de Wasada etc.

Le scandale est double d'ailleurs puisque la tricherie s'est faite en direct, c'est à dire que les questions étaient postées pendant que se déroulaient les concours sur un site hébergé par Yahoo, grâce auquel il est possible de demander à autrui de répondre à toute question que l'on voudrait bien lui soumettre.

Pendant plusieurs jours, tout le monde s'est figuré qu'il s'agissait ici d'une fraude de grande ampleur, d'un réseau auquel auraient participé plusieurs complices "répondeurs" et peut-être même des taupes transmettant de l'intérieur les sujets d'interrogation.

Et puis voilà que l'on a remonté la source des questions posées et que l'on a trouvé un coupable unique qui, selon lui, aurait profité du fait qu'il était dans un angle mort pour travailler de la main gauche, le téléphone portable bien caché sous la table, en toute impunité.

Cela n'explique cependant pas comment il pouvait poster des formules mathématiques complexes (les symboles présents dans les téléphones portables incluent-ils les intégrales, les caractères grecs et les matrices ?) puis prendre connaissance de réponses également forcement complexes via un petit écran en vue rasante, sans jamais se faire prendre, ni lors du concours présenté à l'Université de Waseda, ni dans les autres d'ailleurs.

Mais l'explication semble satisfaire et rassurer, aussi y a-t-il fort à croire que l'affaire s'en terminera-là : les porteurs de chapeau sont toujours les bienvenus au Japon.

Pour en savoir plus : mdn.mainichi
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