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Regards sur le Japon
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Japon : pour vous rincer l'oeil au quotidien ? Prenez donc les transports en commun !

Autour du monde Info non vérifiée Info vérifiée Tokyo, Japon - 10 mars 2011
Il est de notoriété publique que nombre de Japonais aiment à parcourir des journaux ou des bandes-dessinées comportant des scènes osées jusque dans les transports publics, sans être importunés le moins du monde par la promiscuité aux heures de pointe, ou la proximité d'enfants en bas âge.

Cela dit, une véhémente - et à vrai dire inattendue - attaque à ce sans-gêne fort répandu dans l'Archipel est récemment survenue de la part du Gouverneur de Tokyo, Ishihara Shintaro qui s'était pourtant montré fort "libre" dans ses propres écrits de jeunesse. A-t-il estimé que des bornes avaient été franchies ? A-t-il voulu se servir de ce "coup de barre moral" en prévision des prochaines élections gouverneuriales (auxquelles il ne se présentera finalement pas, sauf coup de théâtre ce vendredi 11 mars 2011) ? A-t-il cédé comme certains le clament à d'hypothétiques pressions internationales ?

Bien des questions qui resteront probablement sans réponse. Pour l'heure que l'on se rassure si l'on peut dire, il n'est pas question d'expurger les ouvrages "pour adultes" de leurs abondantes illustrations coquines ou de leurs photos suggestives, mais de vider les transports publics de la présence de ces images osées visibles par tous (or comment faire à moins de contrôler tout ce qui s'imprime, se vend, s'achète et se feuillette ? ) en commençant par interdire la vente de certaines B.D contenant des scènes trop explicites ou plus ou moins pédophiles, aux mineurs, du moins à Tokyo intra-muros.

L'entrée en vigueur d'une telle mesure est-elle souhaitable ? C'est-là tout un débat enflammé au Japon-même ainsi que dans certains milieux à l'étranger regroupant des amateurs de manga qui, crient déjà à l'intolérable censure.

Quant à sa mise en œuvre efficiente, cela tient carrément du casse-tête chinois. Dans un premier temps, il ne sera pas évident de dresser une liste de critères à observer "sur une base volontaire" qui permettrait de classer certains ouvrages actuellement présentés comme étant "tout public" dans des catégories elles-même à définir: interdit aux moins de 13, 16, 18, 20 ans comme au cinéma ? Qui se chargerait de contrôler les dérapages ? Des dérapages sous peine de quoi d'ailleurs ? Et puis au moment de l'achat, l'âge de l'acheteur est toujours problématique à déterminer du premier coup d'œil, notamment au Japon où beaucoup conservent un visage d'adolescent au menton glabre jusqu'à leurs 18-20 ans ! Va-t-on par conséquent devoir demander aux vendeurs de réclamer aux acheteurs de B.D des documents attestant de leur âge au moment de leur passage en caisse ? Et puis de toute façon, ce bannissement partiel ne vaut actuellement que pour Tokyo, il suffit donc de vendre les œuvres licencieuses à une ou deux stations de métro de la Capitale pour échapper à ce "contrôle sur lieu de vente"...

En dehors-même du débat quasi-philosophique sur la raison, l'objectif, la justification d'une telle mesure, peut-on se demander comment on peut édicter des règlements qui risquent de demeurer lettre morte si le cadre d'application et les organes de coercition manquent dès le départ.

Que les individus à l'œil en trou de serrure continuent donc de dormir tranquille, tout cela est pour l'instant très théorique, sans parler de la fronde d'une grande partie des éditeurs japonais qui refusent que soient appliqués à leurs œuvres des restrictions qui leur feraient perdre beaucoup d'argent, directement en ce qui pourrait concerner les parutions mises à l'index, mais aussi par l'effondrement du marché juteux des "biens dérivés" qui représentent une bonne partie du chiffre d'affaires de quartiers commerçants tel qu'Akihabara où prospèrent une myriade de boutiques dédiées aux lolitas affriolantes, sur papier glacé ou en résine synthétique.

Officiellement, les éditeurs japonais qui rejettent les nouvelles règles se battent pour la liberté d'expression, certes droit essentiel, mais ne font-ils pas un peu vite l'impasse sur le droit complexe à la dignité humaine qui consiste notamment à ne pas être exposé contre sa volonté à des spectacles attentant à la pudeur d'une part; à celui également qui découle du respect dû à l'être humain à travers des hommes, des femmes, des enfants même imaginaires représentés dans des scènes par trop perverses, violentes ou indignes. En tout cas, pour l'instant l'argument de la "liberté de parole" semble primer au Japon, où continuent de se vendre sans relâche dans tous les kiosques du pays de grandes quantités de quotidiens au contenu rédactionnel généreusement relevé de dessins et de photos aphrodisiaques (sans parler des pages d'annonces spécialisées détaillant le C.V et les tarifs d'expertes "masseuses") ainsi qu'ici et là des B.D qu'en France on ne pourrait peut-être vendre que dans des sex-shops, voire pas du tout en raison de leur caractère explicitement pédophile.

Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà ?

Et pour en savoir davantage sur la difficile tentative de juguler la prolification des représentations sexuelles de mineurs, au Japon: Yahoo news Japan

Légende photo : nous avons ici entre les mains un quotidien populaire à Tokyo et dans les grandes villes du Japon: le Nikkan Gendai. Il est édité par la prestigieuse maison d'édition japonaise, Kodansha, sorte de Hachette nippon. Tirage: environ 1 500 000 exemplaires. Bref, pas une revue confidentielle vendue sous le manteau.
La UNE en date du 10 mars 2011 comporte une photo du Premier Ministre Kan faisant grise mine. La quatrième de couverture est ornée d'une grande photo de baseball, sport national au Japon. Rien que de très normal si ce n'est qu'au-dessus de la photo du premier ministre nippon, s'annonce d'emblée pour la page 9 une nouvelle subtilement intitulée "L'héroïne de l'onanisme". Le ton est donné. Et de fait, nous découvrons un grand nombre de pages intérieurs qui donnent à réviser les courbes féminines, et à admirer entre autre des olisbos de dernière génération. Remarquez bien qu'au moins les Japonais ne sont pas trompés avec ce genre de gadget car son usage effréné peut effectivement faire que l'on se rapproche petit à petit de la "dernière génération" dont il est question ici.
Quand on sait que ce genre de journal se lit largement déplié les bras tendus dans le métro...
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