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Japon: le ministre des Affaires étrangères viré à quelques jours du sommet du G8

Autour du monde Info non vérifiée Info vérifiée Tokyo, Japon - 08 mars 2011
Il y a quelques semaines à peine, le fringant Ministre des Affaires Étrangères nippon, Maehara Seiji, se voyait déjà Premier ministre. Ainsi s'était-il ouvert de ses ambitions à l'issue d'une conférence de presse, se sentant porté vers le haut par une désaffection de plus en plus patente du public à l'égard de l'actuel Premier ministre, Kan Naoto. Trop top de toute évidence, le minutage étant toujours une affaire délicate au Japon comme en France.

Suite à cette tentative de griller la politesse à tout le monde, devait éclater - comme par hasard - deux révélations consécutives de financement malvenu du fonds politique de M. Maehara. La première révélation donnait à savoir qu'un individu épinglé pour une grosse très fraude fiscale comptait parmi les généreux soutiens financiers du patron des diplomates du Japon. Premier coup de boutoir, première tentative de se désengluer de la toile d'araignée dans laquelle Maehara venait de tomber. Et alors qu'il pensait s'en être sorti, la deuxième lame vint couper le poil avant qu'il ne se rétracte: zioup !

On apprenait ainsi que son bureau politique avait reçu des dons d'une Coréenne, alors même que la loi stipule clairement qu'aucun don politique ne peut provenir d'un ressortissant étranger. Là, c'en était trop aux yeux de l'opinion publique habilement menée au point d'exaspération par les déclarations tonitruantes des politiciens du Parti Libéral Démocrate (P.L.D) qui sent peut-être le vent tourner en sa faveur. Il est vrai que pour faire bonne mesure, deux autres ministres avaient également reçu des dons du fraudeur fiscal - décidément fort abondant envers les puissants - tandis que le ministre du travail et des affaires sociales Hosokawa Ritsuo, vient d'être sévèrement épinglé pour sa méconnaissance des affaires de son ministère, ce qui va possiblement entraîner son remerciement ou sa démission dans les jours qui viennent.

Ouf ! N'en jetez plus ! Le premier ministre Kan est plus que jamais sur la corde raide lui-même, donné partant depuis la fin janvier, aussi n'a-t-il déjà plus assez de pouvoir pour défendre ses propres ministres qui commencent comme on le voit à tomber comme des pommes mûres... en attendant son tour qui ne devrait plus trop tarder. Quel sera donc l'interlocuteur du Président Obama qui était supposé rencontrer "le premier ministre du Japon" en mai, entrevue prudemment repoussée à la fin juin probablement par manque de visibilité dans l'échiquier politique japonais ?

On notera enfin qu'au-delà du jeu de quille somme toute traditionnel au Pays du Soleil levant - la défection du ministre des affaires étrangères à seulement une semaine du sommet du G8 qui s'ouvrira le 14 mars 2011, et à moins de quinze jours d'une importante rencontre avec la Chine devant se dérouler le 19 mars 2011 - certains pourraient voir dans ce "grand bazar" une énième manoeuvre dilatoire du Japon qui n'a pas son pareil pour essayer d'esquiver ses engagements internationaux. Déjà le Premier Ministre Kan avait-il joué les anguilles lors du denier sommet de Davos au cours duquel il n'avait fait une apparition-éclair que de six petites heures; aussi qui sait si l'éjection de Maehara Seiji n'a pas permis de faire d'une pierre deux coups: écarter un gêneur dans la course au poste de premier ministre qui se profile à l'horizon, et la mise en oeuvre de la petite feinte habituelle survenant assez régulièrement les veilles de rencontres diplomatiques importantes ?

Car noublions pas ce que dit Dikko Henderson, contact americain en poste à Tokyo au cours de l'épisode des aventures de James Bond intitulé "On ne vit que deux fois" sur le nombre de visages et de coeurs que possèdent les Japonais. C'est peut-être un peu exagéré, certes, mais pas tant qu'on pourrait le croire, surtout dans les sphères politiciennes de ce pays où l'impermanence a été élevée au concept d'objet d'admiration...

Pour en savoir plus:

Légende photo: façade du Gaimusho, autrement dit le ministère des affaires étrangères du Japon, institution aujourd'hui étêtée. Si l'un de vous a envie de postuler...
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